(Agro-actu) – Le dernier rapport du Growth Lab de l’université Harvard révèle un classement mondial et africain des pays les plus compétitifs dans les chaînes de valeur vertes. Résultat : le Cameroun se classe 111e mondial et 22e en Afrique, loin derrière les leaders du continent comme le Maroc, l’Afrique du Sud ou encore le Kenya.
Une transition verte encore timide
Les chaînes de valeur vertes regroupent les activités économiques basées sur des modèles durables, sobres en carbone et respectueux de l’environnement, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture, des transports et de l’industrie. Ces filières sont stratégiques, car elles représentent l’avenir des économies résilientes et attractives.
Or, le Cameroun affiche encore une faible intégration dans ces chaînes. Le pays reste fortement dépendant de ses matières premières brutes (pétrole, bois, cacao) et peine à diversifier sa base productive vers des secteurs innovants et durables.
Des leaders africains mieux positionnés
Le Maroc se positionne en tête du continent, porté par une politique volontariste d’investissements dans les énergies renouvelables, les transports verts et la transformation agricole. L’Afrique du Sud suit, grâce à son écosystème industriel et technologique plus mature. Le Kenya, quant à lui, tire son épingle du jeu grâce à sa digitalisation de l’agriculture et à l’entrepreneuriat vert.
Le Cameroun face à ses défis
Le retard du Cameroun s’explique par plusieurs facteurs : faible industrialisation, insuffisance des incitations à l’investissement vert, manque de formation technique et infrastructures peu adaptées. Pourtant, le potentiel est là : ressources naturelles abondantes, jeunesse dynamique et climat propice à l’innovation agroécologique.
Quelle voie pour progresser ?
Pour remonter dans ce classement, le Cameroun devra accélérer la mise en place de politiques publiques orientées vers la durabilité, encourager l’entrepreneuriat vert, renforcer les chaînes de transformation locale et mieux intégrer les normes environnementales dans ses filières agricoles et industrielles.
Ce classement sonne comme un signal d’alerte, mais aussi comme une opportunité. Le pays peut encore se repositionner s’il engage dès maintenant la transition verte de son économie.


