(Agro-actu) Au Cameroun, de nombreux jeunes manifestent un intérêt croissant pour l’entrepreneuriat. Motivés par la volonté de créer leur propre emploi ou de répondre à des besoins concrets, ils se lancent dans des projets aussi variés qu’innovants. Pourtant, un obstacle persiste : le manque d’information.
Des opportunités… invisibles
Le pays regorge de programmes publics et privés destinés à soutenir les porteurs de projets : financements, formations, accompagnements techniques, incubateurs, exonérations fiscales... Des structures comme le MINPMEESA, la CCIMA, les CIP, ou encore certaines banques offrent des appuis réels. Mais ces opportunités restent largement méconnues du public cible.
Beaucoup de jeunes ignorent l’existence même du Centre d’incubation pilote de Douala-Bonabéri (Bwadibo), ou encore des financements disponibles à travers le PNRVA, le PIAASI ou les programmes d’appui aux startups.
L’information : une richesse non partagée
Le problème n’est pas seulement l’absence de dispositifs, mais la mauvaise circulation de l’information. Les annonces se font souvent dans des cercles restreints, ou sur des canaux peu accessibles aux jeunes en zone rurale. Les plateformes numériques gouvernementales sont parfois peu ergonomiques ou rarement mises à jour.
Conséquence : des milliers d’initiatives avortent ou stagnent, non par manque d’idées, mais faute de savoir où chercher le bon appui au bon moment.
Quelle solution ?
Il est temps de repenser la stratégie de communication institutionnelle. L’État et ses partenaires doivent créer des canaux adaptés aux réalités des jeunes : campagnes radio en langues locales, relais communautaires, présence active sur les réseaux sociaux, interventions dans les écoles et universités, etc.
Les médias, quant à eux, doivent jouer leur rôle d’interface en mettant en lumière les dispositifs existants. Le secteur privé pourrait aussi s’impliquer à travers des campagnes de vulgarisation.
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L’entrepreneuriat ne souffre pas uniquement de financement ou de formation. Il souffre d’un mal plus sournois : le déficit d’information. Combler ce vide, c’est ouvrir la voie à une génération plus entreprenante, plus audacieuse, et mieux équipée pour construire l’économie de demain.


