(Agro-actu) Au Cameroun, l’entrepreneuriat des jeunes est souvent freiné non par le manque d’idées, mais par le manque d’accompagnement. Pourtant, des structures existent pour les encadrer. C’est le cas du Centre d’Incubation Pilote (CIP) de Douala-Bonabéri (Bwadibo). Malheureusement, il demeure peu connu du grand public, en particulier des jeunes en quête d’orientation.
Un outil conçu pour les porteurs de projets
Le CIP est un espace dédié à l’accompagnement des jeunes porteurs de projets, notamment dans les domaines de l’agro-industrie, de la transformation, de l’élevage ou encore des services numériques. Il propose des formations pratiques, du coaching personnalisé, de l’accès à du matériel et à des réseaux de partenaires.

Mais combien de jeunes savent qu’il existe ? Peu.
Témoignages
Arnaud, 34 ans, est éleveur de poulets dans la périphérie de Douala. Il est au chômage depuis deux ans. Son rêve : se lancer dans la transformation artisanale du poulet pour mieux valoriser sa production. C’est par hasard qu’il découvre le CIP :
« J’ai vu un post sur Facebook et je me suis renseigné. Depuis, je suis un programme d’incubation pour apprendre à structurer mon projet. Si j’avais su plus tôt, je n’aurais pas perdu autant de temps », confie-t-il.
À l’inverse, Nadège, 27 ans, n’a jamais entendu parler du CIP. Elle souhaite transformer les mangues et ananas produits par sa famille à Loum en jus naturels.
« On me parle souvent de financements, mais je n’ai jamais eu quelqu’un pour m’expliquer comment m’y prendre. Si un centre comme ça existe, je veux en savoir plus ! », dit-elle, curieuse mais désorientée.
Un besoin urgent de visibilité
Ces témoignages illustrent le déficit criant de communication autour du CIP. Pourtant, dans un pays où le chômage des jeunes est une préoccupation majeure, des structures comme celle-ci devraient être au cœur des politiques de promotion de l’innovation et de l’auto-emploi.
Recommandations
Pour booster l’impact du CIP :
– Multiplier les campagnes d’information (marchés, radios locales, réseaux sociaux)
– Nouer des partenariats avec les médias jeunes
– Décentraliser les points d’information vers les quartiers, lycées, universités
– Créer des ambassadeurs jeunes pour relayer les activités du CIP
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Le CIP a le potentiel de transformer des idées en entreprises solides. Encore faut-il que les jeunes sachent qu’il existe. Faire connaître le CIP n’est plus un simple souhait : c’est un impératif pour libérer l’énergie entrepreneuriale de toute une génération.


